Deux logiques d'intelligence face au changement
Imaginez deux bateaux dans la même tempête. Le premier vire à chaque rafale, change de cap dès qu'une vague le pousse, finit ballotté, désorienté, à bout de forces, sans plus savoir où il allait. Le second tient sa quille, sent le vent, corrige son angle de quelques degrés, garde sa direction et avance. Même mer, même vent, deux destins. C'est, en image, toute la différence entre s'adapter et s'ajuster.
Car quand un environnement bouge vite, deux réponses sont possibles. La première consiste à se conformer à l'extérieur. À courir après les modes, les outils, les standards, les vocabulaires nouveaux. À se modeler sur ce que les autres font, sur ce qu'on dit qu'il faut faire, sur ce que les bonnes pratiques semblent indiquer. C'est l'intelligence adaptative.
La seconde réponse passe par un autre mouvement. Elle commence par un retour à soi, à sa raison d'être, à ce qu'on sait faire mieux qu'un autre, à ce qu'on veut tenir dans la durée. Puis, depuis ce point de gravité, elle dialogue avec ce qui arrive. Elle adopte ce qui sert. Elle laisse ce qui n'a pas de place ici. Elle se réforme dans la contrainte sans se perdre. C'est l'intelligence ajustative.
La différence semble fine. Elle est en réalité décisive. Dans les douze années pendant lesquelles j'ai accompagné des PME, des dirigeants et des marques, j'ai vu l'écart se creuser entre ceux qui s'épuisaient à s'adapter et ceux qui prenaient le temps d'ajuster. Et j'ai remarqué une chose qui ne trompe pas : les dirigeants qui ajustent restent. La plupart de ceux que j'accompagne travaillent avec moi depuis plus de cinq ans, parce que l'ajustement, par nature, se transmet et se cultive dans la durée.
